Le Cours Belsunce

Le Cours promenade

Razaud, Plan de la ville de Marseille, 1743

En 1649, un Cours à carrosses est percé dans la ville voisine d’Aix-en-Provence. Devant l’enthousiasme de la noblesse et de la haute bourgeoisie pour ce nouvel espace de promenade, la ville de Marseille décide d’avoir son propre cours. Les travaux d’agrandissement de la ville prévus par Louis XIV sont l’occasion rêvée. Les architectes Mathieu Portal et Gaspard Puget (le frère de Pierre) dessinent les plans de cette Marseille nouvelle.

C’est en 1670 que le Cours de Marseille est créé. Il relie alors la rue d’Aix à la rue de Rome et permet également de rejoindre la rue Saint-Louis (actuelle Canebière).

Large de 40 mètres, bordé d’arbres et agrémenté de fontaines (disparues depuis), le Cours devient un lieu de promenade très prisé des Marseillais. Comme à Aix, on le parcourt en carrosse ou à pied, vêtu de ses plus beaux atours. Dans une de ses portions tout du moins…

En effet, le Cours est partagé en deux. La partie qui va de la rue d’Aix à l’actuelle rue du Tapis Vert est accessible à tous, c’est le « Petit Cours » alors que la seconde partie, de la rue du Tapis Vert jusqu’à l’autre bout, est réservé aux gens de la noblesse ou de la bourgeoise, c’est ce que l’on appelle le « Grand Cours ».

Le quartier s’embourgeoise et on peut, à cette époque, y admirer de magnifiques hôtels particuliers tout le long de l’avenue, édifiés pour la plupart entre 1670 et 1685.

Du Cours à Belsunce

Ce n’est que bien plus tard (fin du XIXe siècle) que le Cours deviendra le Cours Belsunce, du nom de l’évêque marseillais qui s’illustra pendant l’épisode de la grande peste de 1720.

Henri François-Xavier de Belsunce de Castelmoron, fut évêque de Marseille de 1710 à 1755. Lorsque la peste éclate en Provence au printemps 1720, Mgr Belsunce se dévoue au secours des malades. Il les visite, leur administre les derniers sacrements, organise des processions et surtout, donne la plus grande partie de sa fortune pour aider à gérer cette immense crise sanitaire.

Après la peste, une véritable dévotion envers l’homme pieux se généralise à Marseille mais également dans toute la Provence. On donne son nom à une rue de la ville (détruite au début du XXe siècle) puis, bien plus tard, au Grand Cours de Marseille et par extension au quartier dans lequel il se trouve.

L’hommage sculpté

Joseph-Marius Ramus, Mgr Belsunce

En 1851, la ville décide de faire ériger une statue de bronze en son honneur qui devait être placée sur le Cours. Lorsque Louis-Napoléon vient à Marseille l’année suivante pour la pose de la première pierre de la nouvelle Major, la statue est placée sur le parvis de la cathédrale. En mars 1853, elle est installée comme prévu sur le Cours. En 1891, alors que le maire de Marseille décide de nouveaux travaux sur le Cours Belsunce (l’installation de voies charretières au milieu de la rue), il faut une nouvelle fois déplacer la statue jusqu’à l’archevêché.

Depuis 1936, elle est visible devant la cathédrale de la Major. Elle est l’oeuvre de Joseph Marius Ramus.

 


Pour recevoir les nouveaux articles directement dans votre boîte mail, abonnez-vous à la Newsletter !

Commentaires (4)

  1. j’avais point fait le lien avec le Cours Mirabeau !merci pour cet article –toujours aussi clair

    Michelle VIN-Mercier
    24 avril 2019 Répondre
    • Eh oui, la grande vogue des Cours-promenade…
      Merci pour ce gentil commentaire (et les partages réguliers) 🙂

      Sandrine Chabre
      26 avril 2019 Répondre
  2. Je te suis dans cette agréable promenade à Marseille. Grâce à toi je découvre l’ambiance qu’on connue mes ancêtres.

    Briqueloup
    6 juillet 2019 Répondre
    • Ravie de t’avoir accompagnée dans ta promenade sur la trace de tes ancêtres !

      Sandrine Chabre
      10 juillet 2019 Répondre

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.